Le rôle du réseautage dans l’atteinte de vos objectifs en tant que collectivité des Premières Nations

le 15 avril 2024

Dans le cadre de sa participation au Congrès national d’AFOA Canada de 2024, à Winnipeg, le Fonds pour les habitation du marché des Premières Nations (FHMPN) a examiné pourquoi le réseautage est essentiel à la réalisation des objectifs en matière d’autonomisation des collectivités des Premières Nations du Canada.

La force de la collaboration

Dans un contexte de rareté et de limitations budgétaires sur le plan des déplacements et du réseautage, certaines Premières Nations et organisations s’abstiennent de faire appel à la collaboration de voisins et d’homologues. Toutefois, la collaboration peut donner lieu à des occasions de partage des ressources, de renforcement de la capacité, de réduction de la charge de travail et de dissipation du sentiment d’isolement.

L’établissement de liens enrichissants et solidaires avec des personnes avec qui vous avez des champs d’intérêt, des valeurs et des objectifs communs permet d’assurer la satisfaction personnelle au travail et de stimuler les efforts pour répondre efficacement aux besoins de votre collectivité. Par exemple, la Coalition pour les ententes sur les revendications territoriales (CERT) rassemble des Autochtones signataires de traités modernes afin d’assurer le respect et la mise en œuvre intégrale des accords sur l’autonomie gouvernementale, en échangeant de l’information dans le cadre de rencontres trisannuelles.

La Nation Anishinabek défend politiquement 39 Premières Nations membres en Ontario, faisant la promotion de leurs droits, concluant des ententes et fournissant des services partagés. La CERT a été établie en 2003, et la Nation Anishinabek, initialement l’Union des Indiens de l’Ontario en 1949, soutenait les réalisations exceptionnelles en matière de souveraineté et la production de résultats tangibles pour les collectivités. La collaboration s’est avérée une composante majeure de la réussite des activités de négociation et d’organisation.

Partir de zéro

Les consultations réalisées dans votre collectivité se sont probablement conclues par l’obtention de réponses aux mêmes questions et la détermination des mêmes priorités. On peut avoir l’impression que les consultants tentent de réinventer la roue. Pourquoi une collectivité consacrerait-elle de précieuses heures à l’examen d’un sentier déjà parcouru par une autre collectivité?

Il est mutuellement avantageux de communiquer avec des pairs d’autres organisations pour savoir s’ils ont déjà entrepris des activités semblables. En recommandant des ressources et des contacts ou en échangeant des leçons entre elles, les collectivités peuvent gagner plusieurs semaines de recherche. Constatant que leur expérience et leur expertise sont utiles et auront des répercussions positives amplifiées, les collectivités seront fières de leur travail. Elles pourraient se sentir enthousiastes à l’égard de projets futurs.

Favoriser les rapprochements

Une approche populaire du renforcement de la résilience en milieu de travail consiste à développer l’ouverture d’esprit. Dans un esprit fermé, les échecs sont considérés comme permanents ou honteux plutôt que comme des occasions d’adaptation et de croissance.

Lorsqu’elle se bute à un obstacle, une personne ayant un esprit de solidarité avertira probablement la personne qui la suit de la présence de cet obstacle. Elle peut considérer la sécurité des autres comme plus importante que la honte ou peut même se sentir fière d’offrir une voie sécuritaire.

La prise en compte des conseils des personnes qui ont parcouru un trajet semblable est utile pour l’élaboration et l’exécution d’approches en vue de différentes situations et initiatives. Les collectivités autochtones peuvent regorger de collaborateurs résilients et disposés à faire part de leurs faux pas ou des obstacles sur lesquels ils sont tombés afin d’aider les autres à réussir.

Bâtir la confiance

La capacité de pouvoir compter sur les autres et les soutenir est à la base de la survie des Premières Nations. Elle demeure essentielle à la prospérité des collectivités. Ce pendant, le développement de la confiance envers les autres nécessite du temps et des efforts. Dans toute situation sociale, il est bon d’être à l’écoute de ses instincts et de recueillir l’information sans sauter immédiatement aux conclusions.

En faisant preuve d’ouverture et de vulnérabilité, nous pouvons également inciter les autres à s’ouvrir. En ayant une bonne idée de ce qui convient d’échanger avec les autres tout en demeurant authentique, nous pouvons promouvoir la sécurité dans une nouvelle relation. Si chaque partie fait preuve de sensibilité et de respect, ces limites peuvent s’élargir et la confiance peut s’accroître.

Une fois la confiance établie, les pairs peuvent jouer un rôle essentiel en recommandant des personnes à qui faire confiance et en nous avisant de celles qui pourraient ne pas mériter notre confiance. Les personnes qui rendent des comptes à leurs pairs et à la collectivité ne souhaiteront sûrement pas voir leurs collègues échouer.

Protection du bien-être

Beaucoup de titulaires de poste n’ont pas d’homologues organisationnels ni de collègues latéraux qui comprennent leurs fonctions, même au sein d’une équipe. Un tel exutoire leur permettrait de réduire leur stress grâce au soutien émotionnel et pratique, et leur fournirait l’occasion de faire part de leurs frustrations et de leurs réussites.

La discussion avec des collègues occupant d’autres postes et dans différents secteurs peut offrir de nouvelles perspectives et possibilités, accroître la confiance et l’estime de soi, et bâtir un sentiment d’appartenance et un sens du devoir à plus grande échelle. Tout comme pour la construction d’une structure solide, la force se crée par le soutien. La célébration des forces de chacun tout en apprenant des expériences des autres est un élément essentiel.

Le plaisir d’échanger

Le salon professionnel est le point culminant du réseautage pendant un congrès. Les visites des kiosques offrent une manière structurée d’en apprendre plus sur des organisations, des produits et des services. L’aspect commercial d’un rassemblement est une occasion de soutenir les fournisseurs autochtones locaux et, aussi, de discuter avec des habitants de l’endroit qui ne sont pas des participants à la conférence.

Conclusion

Les collectivités ont des besoins distincts dont la gestion nécessite des experts de la collectivité. Toutefois, la reconnaissance et le soutien mutuels au moyen du réseautage peuvent faciliter le voyage, nourrir l’esprit et tracer de nouveaux chemins. Même si une relation ne se solde pas par le partage des ressources ou par la collaboration sur un projet, la résilience demeure un résultat positif.

L’expérience récente du FHMPN avec le rassemblement de professionnels financiers, d’administrateurs et de dirigeants autochtones au congrès de l’AFOA a fourni des occasions de réseautage, d’apprentissage et de perfectionnement professionnel. Nous nous réjouissons à l’idée de vous rencontrer à de futurs congrès.

Possibilités

Beaucoup de congrès dirigés par des Autochtones sont dédiés à des enjeux particuliers, comme l’éducation, les enfants, la santé et le logement. Voici quelques organisations qui offrent une portée plus large, axée sur le leadership, les partenariats et le réseautage. Abonnez-vous pour recevoir leurs bulletins. Il s’agit de la meilleure façon d’être avisé des occasions à venir.

Selon le Forward Summit, ses congrès rassemblent les meilleurs dirigeants commerciaux et communautaires autochtones et non autochtones. Commodément tenu dans plusieurs régions, le Forward Summit offre la chance de rencontrer des « preneurs de décisions d’une gamme d’industries, alors que nous traçons collectivement une nouvelle voie dans l’avenir du leadership et de l’innovation. »

Le Conseil canadien pour l’entreprise autochtone (CCEA) est une organisation autochtone à but non lucratif qui tient cinq événements de remise de prix annuels. Ces événements rassemblent des dirigeants commerciaux et communautaires autochtones et non autochtones pour réseauter, échanger des idées et participer aux conversations plus vastes concernant l’économie autochtone. Le CCEA décrit ses événements comme des lieux propices « à l’échange de pratiques exemplaires, à l’exploration de solutions aux défis commerciaux d’aujourd’hui, ainsi qu’à la création de nouvelles possibilités ».

L’International Funders for Indigenous Peoples (IFIP), une communauté internationale de bailleurs de fonds, a organisé quatre congrès internationaux, dont un sommet dans la ville de New York. Dans le cadre de ces congrès, de principaux dirigeants autochtones, membres de l’IFIP et fournisseurs de subventions visionnaires se réunissent pour discuter des questions les plus importantes dans le domaine, comme les femmes autochtones, les changements climatiques ou la décolonisation de la philanthropie, ce que des participants ont décrit comme des discussions « critiques » et ayant « changé leurs perspectives et leur mode de fonctionnement ».

L’Assemblée des Premières Nations tient des rassemblements nationaux annuels sur différents sujets pertinents au leadership des Premières Nations, notamment le commerce, les femmes dans le leadership et la gestion des actifs. Voyez ce qui s’en vient ici et inscrivez le gala hivernal annuel, qui aura lieu en début décembre, à votre calendrier.