L’importance de la pertinence culturelle dans le logement

30 oct 2024

Outre la durabilité, l’abordabilité et l’accessibilité, la pertinence culturelle est un facteur clé dans la conception de logements appropriés pour les Premières Nations. Cet article reconnaît les nombreuses distinctions culturelles et environnementales entre les collectivités et examine les principes du logement partagé qui favorisent le bien-être de la collectivité. Il aborde également la façon dont la durabilité et l’accessibilité font partie intégrante d’un logement adapté à la culture.

Favoriser les liens entre les générations

Il est possible que les aînés, en leur qualité de personne de grande valeur, soient reconnus comme le fil conducteur du tissu socio-économique d’une collectivité. Les membres plus âgés de la collectivité peuvent apporter de nombreuses compétences permettant de créer un environnement culturel prospère et riche pour les adultes et les enfants.

Les récits communautaires, les connaissances, les pratiques culturelles et la langue que les aînés peuvent partager sont essentiels à la transmission culturelle et à la fierté des enfants, des jeunes et des adultes. Si un logement a la chance d’accueillir une personne qui parle une langue autochtone, ce logement peut être un centre de revitalisation de la langue.

Les aînés ont eu toute une vie pour s’adapter aux situations et aux responsabilités et peuvent être une source de conseils sur le rôle parental, la récolte, les relations, le leadership, la gouvernance et d’autres questions. Selon leurs capacités, les aînés peuvent contribuer aux tâches ménagères comme la garde d’enfants, la préparation des aliments, l’entretien et les réparations.

Plus important pour les familles avec enfants, les aînés vivant dans un logement peuvent créer un sentiment de stabilité. Le fait d’avoir souvent une personne à la maison pour écouter, faire preuve d’empathie, donner des conseils, enseigner et offrir de la discipline ou une étreinte constitue un élément stimulant d’un solide réseau de soutien social.

Les soins aux aînés enseignent la patience, l’humilité, la responsabilité et le respect. Ils influent sur la façon dont les personnes se traitent elles-mêmes et traitent les autres et veille à ce que les aînés reçoivent de bons traitements.

La vie communautaire, c’est la culture

Traditionnellement, les logements autochtones abritent plusieurs générations. Le concept de la famille nucléaire, où seuls les parents et leurs enfants vivent ensemble, est une perturbation coloniale qui a éloigné les enfants de leurs aînés et a retiré le soutien aux membres vieillissants de la collectivité. Ce concept a également accru les exigences pour les parents qui peuvent avoir des responsabilités partagées comme la garde d’enfants, les soins aux aînés, la cuisine, la conservation, le ménage, la réparation de maisons et la récolte avec d’autres membres de la famille. Bien que certaines de ces tâches puissent être partagées entre les ménages, la disponibilité des logements peut avoir éloigné les maisons qui auraient autrement été voisines.

La vie communautaire ne profite pas seulement aux enfants, aux parents, aux aînés et aux personnes qui ont besoin de soutien physique. Certaines personnes pourraient avoir des dons et des contributions inutilisés ou non prises en compte parce qu’elles vivent seules. Les personnes en deuil, en situation d’itinérance ou qui vivent de façon indépendante peuvent trouver une valeur et une raison d’être si elles participent aux activités d’une famille.

Les mesures visant à restaurer les espaces de vie multigénérationnels sont alimentées par le respect des responsabilités envers les proches, le renforcement des systèmes de soutien et la transmission de la culture et des valeurs. Ces mesures reflètent également des modes de vie où nous prenons uniquement ce dont nous avons besoin et où nous partageons le reste.

Un espace pour tous

Un espace accueillant inclut tout le monde, y compris les personnes handicapées ou blessées. Les rampes, les mains courantes, les couloirs et les portes larges offrent des possibilités de déplacement aux personnes qui utilisent un fauteuil roulant, des béquilles ou un déambulateur. En plaçant toutes les chambres à coucher au même niveau que la cuisine et les espaces partagés, les membres de la famille peuvent surveiller les enfants, les aînés et les personnes qui pourraient avoir besoin d’aide la nuit. L’installation d’un siège dans une douche plain-pied ou une baignoire est une bonne mesure de sécurité qui accroît l’indépendance des personnes à mobilité réduite.

Les espaces communautaires d’un logement devraient permettre à plusieurs ménages de se réunir, de préférence en formation circulaire. Ces espaces peuvent être utilisés pour le perlage, la couture, la célébration d’une occasion ou simplement pour se rencontrer autour d’un thé. Des pratiques culturelles et spirituelles peuvent également être tenues autour d’un feu de camp.

Vivre avec la terre

De nombreuses habitations conçues par des Autochtones facilitent la circulation entre l’intérieur et l’extérieur, ce qui reflète l’utilisation fréquente de l’espace extérieur. Qu’il s’agisse de couper du bois ou de pelleter de la neige, ces activités fréquentes ont lieu à l’extérieur.

L’espace pour un jardin peut permettre d’accroître la sécurité alimentaire, d’économiser de l’argent et de donner accès à des aliments et à des médicaments traditionnels. En l’absence d’un sol adéquat, il est possible de cultiver les légumes, les fines herbes et les médicaments dans des jardinières. Plus il y a de personnes dans la maison qui peuvent participer au travail et aux soins, et plus l’espace disponible est grand, plus le jardin sera grand et nourrissant.

Les systèmes de compostage témoignent des valeurs traditionnelles en veillant à ne pas utiliser ni à gaspiller tous les produits récoltés. L’utilisation de systèmes de captage pour la collecte et l’utilisation de l’eau de pluie suit les mêmes principes.

Une aire fermée distincte, comme une remise, est idéale pour l’entreposage et la préparation des aliments comme le poisson et le gibier. L’espace de congélation est idéal pour préserver les aliments pendant les mois plus chauds.

Un sauna ou une hutte de sudation peut promouvoir la bonne santé ou être un lieu de cérémonie. Comme dans le cas des grands espaces de rassemblement, de nombreux ménages pourraient partager ces espaces.

L’amélioration de la capacité de vivre avec la terre relie les personnes à leurs ancêtres et contribue au bien-être holistique. Les maisons adaptées à la culture promeuvent les modes de vie et les pratiques traditionnels qui renforcent la collectivité, l’autonomie et l’estime de soi.

Utiliser ce qui est à portée de main

La construction de maisons avec des matériaux à proximité est judicieuse à plusieurs égards. Premièrement, il est traditionnel d’utiliser ce qui est à portée de main. Deuxièmement, ce qui se trouve à proximité est aussi le matériau le plus résilient et le plus durable pour l’environnement de la région. Troisièmement, les autochtones locaux occupent des emplois dans des entreprises qui récoltent et vendent du bois d’œuvre, du gravier et de la pierre.

Des maisons construites pour durer

Avant la colonisation, les objets étaient fabriqués avec un grand savoir-faire et duraient pendant de nombreuses générations. Certaines maisons ont été érigées et démontées en fonction des saisons. Aujourd’hui, de nombreux ménages passent la majeure partie de l’année dans une seule maison, et les nouvelles technologies préservent les objets qui nous tiennent à cœur.

L’investissement dans des maisons fabriquées avec des matériaux de haute qualité reflète à la fois le mode de vie moderne et les valeurs traditionnelles qui consistent à prendre soin de ce que l’on a. L’utilisation de matériaux non traditionnels peut réduire les coûts ou protéger de magnifiques éléments traditionnels comme les poutres de bois et les embellissements. Par exemple, un projet de logements à Bingwi Neyaashi Anishinaabek a été construit avec du bois, mais des feuilles de métal ont été utilisées pour augmenter la durée de vie des toits et réduire les besoins en entretien.

Se préparer pour l’avenir

Le projet de logements Bingwi Neyaashi Anishinaabek a remporté un prix de reconnaissance du logement communautaire lors de la 18e Conférence annuelle sur le logement des Premières Nations 2020. Chaque année, la conférence récompense l’excellence dans les initiatives de logement dirigées par les Premières Nations afin de promouvoir des solutions novatrices aux problèmes de logement des Premières Nations. Les conceptions construites par Bingwi Neyaashi Anishinaabek sont un excellent exemple de la façon dont les couloirs, les portes et les salles de bain accessibles constituent des normes lorsqu’il s’agit d’accorder la priorité au maintien des aînés à la maison.

En février 2025, le Fonds pour les habitations du marché des Premières Nations (FHMPN), les dirigeants clés de l’industrie, les représentants du gouvernement et les experts communautaires se réuniront à Thunder Bay sous le thème « Exploration des défis ». « Renforcer la durabilité » pour créer des liens et échanger des idées sur le logement durable et adapté à la culture.

L’amélioration du logement et l’établissement des priorités pour le développement du logement sont des droits autochtones en vertu de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le FHMPN continuera d’appuyer les approches élaborées par les Premières Nations pour répondre aux besoins des collectivités et favoriser le bien-être communautaire et culturel.nt constituent le fondement des structures de soutien nécessaires au développement économique dirigé par les Autochtones. En prenant des mesures concrètes et en collaborant avec des organismes partenaires et des intervenants du marché du logement, le FHMPN continuera de travailler à améliorer l’accès à des logements durables et adéquats et à l’accession à la propriété pour les Premières Nations dans les réserves.

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