Depuis qu’elle a assisté à sa première réunion des fiduciaires en 2020, la présidente du Conseil des fiduciaires du Fonds pour les habitations du marché des Premières Nations (FHMPN), Kathleen BlueSky, a réfléchi à la façon dont la culture, le travail acharné et la passion font du Fonds l’un des conseils les plus influents auxquels elle a participé.
Mme BlueSky compte plus de 20 ans d’expérience en finances, en planification stratégique et en développement des affaires. Dans ce blogue, Mme BlueSky partage sa vision de l’avenir, nous emmène dans les coulisses de la présidence du Conseil des fiduciaires et révèle le superpouvoir qui peut stimuler la croissance, l’autonomie et la prospérité des Autochtones.
Ancrage culturel, familial et communautaire
Chaque réunion du Conseil commence par un protocole d’ouverture en rotation, où les membres apportent les protocoles de leur territoire aux délibérations. « Nous voulons que nos identités et notre mode de vie se reflètent dans le travail que nous accomplissons chaque jour, lors de chaque réunion, lors de chaque appel », dit Mme BlueSky.
La préparation à une réunion peut comprendre l’examen de 60 à 70 documents. « Tout le monde est motivé à faire avancer ce programme, parce que c’est si près de nous. Nous connaissons nos besoins en matière de logement à l’échelle communautaire et régionale. Notre travail est ancré dans l’amour de la population et dans notre volonté de créer des communautés plus saines et plus fortes, où les gens ont des habitations sécuritaires. »
La famille et la maternité constituent les forces motrices et les racines qui guident sa gestion des responsabilités concurrentes, notamment la présidence du Conseil, le poste de directrice générale de Seven Feathers Consulting et son travail à la Treaty One Development Corporation, et son travail à la Treaty One Development Corporation, en plus de sa contribution en tant que cofondatrice et présidente de Wiijii’idiwag Ikwewag (Women Helping Each Other). « Lorsque j’assume ces énormes responsabilités, je les considère comme un retour aux valeurs que nous avons toujours eues, mais dans un contexte plus contemporain. »
« Nous avons toujours eu des habitations sûres et chaleureuses pour nos familles, et nous devons y revenir, parce que nous ne pouvons pas attendre que le gouvernement finance la construction de logements sécuritaires. Parce qu’il ne le fera jamais. Nous allons attendre éternellement. »
Mme BlueSky explique que l’exemple donné par le Fonds pour les habitations du marché des Premières Nations en tant que fonds dirigé et géré par les Premières Nations est particulièrement important lorsque tant de Premières Nations règlent des revendications avec le gouvernement fédéral.
« Il y aura des transactions énormes, et des centaines de millions de dollars seront versés aux communautés. La majorité d’entre elles vont vouloir créer une fiducie pour gérer ces fonds. »
Une expérience d’accession à la propriété personnelle oriente le modèle d’adhésion
Mme BlueSky avait 28 ans et attendait son premier enfant lorsqu’elle a assisté à un webinaire sur l’accession à la propriété par l’intermédiaire de sa banque. Le fait de passer en revue le processus, depuis la présentation d’une offre jusqu’aux coûts associés à la conclusion de l’achat avec un agent immobilier, un inspecteur en bâtiment et un avocat, a rendu l’objectif d’acheter une maison réalisable. En plus d’informer et d’encourager sa famille, elle a aussi utilisé cet enthousiasme pour expliquer comment le nouveau modèle d’adhésion du Fonds permet aux membres de la communauté d’avoir une capacité commune de s’orienter dans le processus d’accession à la propriété dans les réserves.
« L’information que j’ai obtenue lors de cet atelier était si simple, et c’est ce que nous devons faire en tant que fonds pour les membres de la communauté. Nous devons créer des espaces pour que les gens puissent apprendre le processus, parce qu’ils en ont la capacité. S’ils sont intéressés par l’accession à la propriété, nous pouvons leur offrir un soutien et des ressources et les appuyer tout au long de leur démarche. »
La deuxième couche, explique-t-elle, consiste à « donner plus de place à la voix de la communauté pour guider nos actions et créer cette demande » au sein de leurs Nations ». Le blogue de septembre 2025 et le Rapport sommaire sur la mobilisation nationale fournissent d’autres commentaires de la communauté sur le cadre du modèle d’adhésion.
Une vision « sans limite »
La vision de Mme BlueSky, qui est originaire de la Nation crie de Nisichawayasihk et de la Première Nation anishinaabe de Minegoziibe, est influencée par les enseignements des Cris et des Anishinaabe. Lorsqu’on lui demande si elle a une vision « sans limite » pour l’avenir, elle répond qu’elle imagine chaque jour le ciel et le soleil, canalisant cette énergie dans ce qu’elle fait. « Dans notre système de croyances, il n’y a pas de séparation entre l’esprit et le monde physique. »
Mme BlueSky croit fermement à la capacité des Premières Nations.
« Avoir sa place dans n’importe quel espace où l’on souhaite être est la première capacité que nous possédons. Nous avons la capacité de rêver à notre rôle ou à notre raison d’être. Si vous y prêtez attention, le reste suivra, parce que cela vient véritablement de l’esprit. »
« Quand notre esprit nous pousse à faire quelque chose, c’est en raison de ce que nous avons vécu. Peut-être pas moi, mais mes grands-parents, mes parents, mes arrière-grands-parents; ils ont vécu quelque chose que je porte en moi, et mon esprit me dit d’y aller et de faire les choses correctement. Certains parlent d’intuition, mais c’est beaucoup plus que cela. C’est l’esprit, et c’est notre superpouvoir. Nos membres n’y prêtent pas attention, mais il est là. »
Une perspective systémique de l’avenir et du sentiment d’appartenance des Autochtones
Son expérience de travail auprès des jeunes des Premières Nations à Winnipeg‑Nord a incité Mme BlueSky à faire la transition d’une maîtrise en psychologie clinique à une maîtrise en administration des affaires (MBA). « Ce n’est pas du tout ce dont nos membres ont besoin », a-t-elle pensé en songeant au décalage entre les besoins des jeunes qu’elle servait et les systèmes étrangers dans lesquels ils étaient forcés d’évoluer.
Selon elle, la maîtrise du capital, de la gouvernance, du leadership et de la gestion pourrait préparer les Premières Nations à se constituer un patrimoine et à participer à la construction d’une nation. Elle a consacré sa carrière à faire progresser le bien-être global, l’indépendance économique et l’autonomie gouvernementale afin de créer des changements systémiques.
« L’une de mes valeurs personnelles est la construction de structures qui perdurent. Donc, des conseils d’administration solides, des politiques fortes, des projets qui peuvent être financés et la création de bassins de talents. Comme la création d’un milieu de travail où les gens veulent venir travailler, garantissant ainsi la relève de la prochaine génération de dirigeants. Pour moi, c’est toujours ma principale préoccupation. »
Leadership au sein du Conseil
L’explication de Mme BlueSky de ses responsabilités démontre également ses compétences diplomatiques et stratégiques à titre d’architecte du changement.
« La gouvernance et le leadership sont les deux principales responsabilités de la présidence. Nous avons des mécanismes en place pour nous tenir mutuellement responsables en tant que dirigeants. »
« L’orientation stratégique pour la réalisation de notre mission est importante, parce que nous venons à la table en disant que c’est l’orientation dont nous avons besoin en fonction de notre expérience organisationnelle, financière et communautaire. Pour être prêts à affronter les changements à venir et saisir les occasions futures. »
Mme BlueSky rallie et informe les fiduciaires en leur parlant entre les réunions, en leur demandant où ils veulent aller et ce qu’ils pensent. Sa capacité d’écouter, de déchiffrer le sens et l’intention et de synthétiser ces conversations favorise l’harmonie directionnelle tout en intégrant tous les points de vue.
« Quand vous collaborez, il est important de ne jamais se contenter de suivre la voix la plus forte ou la personne la plus bruyante. La raison d’être d’un conseil ou d’une relation de collaboration est de s’assurer que tout le monde est entendu et que les idées et la rétroaction de chacun sont intégrées.
Priorités internes du Conseil
Mme BlueSky considère la gestion responsable des risques comme un sujet fréquent aux réunions des comités, et les relations comme une responsabilité fondamentale. « À chaque réunion, il s’agit toujours de déterminer les risques financiers, juridiques et opérationnels, et la façon de les atténuer. Comme nous sommes un fonds fiduciaire, nous devons faire preuve d’une grande diligence à cet égard. Cela constitue donc une grande partie de notre travail quotidien. »
« Après la nomination de Travis en tant que nouveau directeur général, il y a deux ans, nous avons vraiment mis l’accent sur les relations avec nos partenaires, notamment nos organisations nationales, les conseils tribaux et les communautés qui font des choses vraiment novatrices dans le domaine du logement. »
Transfert du contrôle
Le transfert des soins et du contrôle est la priorité absolue depuis que Mme BlueSky a été nommée vice-présidente, puis présidente. Elle espère que la décision sera ratifiée d’ici un an ou deux, et son objectif ambitieux est une ratification d’ici les 18 prochains mois.
« Ensuite, nous avons besoin d’un plan stratégique sur trois à cinq ans pour la mise en œuvre de ce transfert, et le principal accélérateur de sa réalisation est véritablement la cohésion entre les fiduciaires, les dirigeants et les Nations agissant selon un plan unique. Le travail du Fonds pour les habitations du marché des Premières Nations est très bien perçu, et nous avons réussi à bâtir des liens solides de confiance et de collaboration avec le gouvernement fédéral. »
Changement systémique concret
Mme BlueSky présente l’amélioration des relations avec les prêteurs comme signe positif du rôle du Fonds dans la transformation du paysage de l’accession à la propriété dans les réserves. Elle décrit ses rencontres avec des prêteurs commerciaux avant la création d’une réserve urbaine. Elle leur a dit : « Un investissement important est prévu au Manitoba. Vous devez régler vos enjeux en matière d’hypothèques, parce que des gens vont construire des maisons ici. Ils ont fini par trouver une solution. De six à huit semaines de conversations ont été nécessaires pour obtenir un droit de tenure à bail. »
Le Fonds, affirme-t-elle, a procédé à l’intégration cruciale des prêteurs, et ces résultats deviennent courants dans de nombreux autres domaines. « Il suffit de communiquer et de créer cette compréhension. Je crois que chaque personne en a la capacité, il suffit d’inspirer cette action. »